Comptes-rendus de sorties

Quatre jours dans le Jura avec FEA

C'est du 17 au 20 mai que s'est déroulé ce grand week-end de découverte de la nature, organisé de main de maître par Michel et Jean-Noël

                                                                           

Aussitôt descendus du TGV, nous avons pris possession des deux minicars de 9 places qui doivent nous transporter pendant ces quatre jours, c'est Jean-Noël et Philippe qui  se chargent de la conduite. Le premier arrêt sera pour la citadelle de Besançon d'où nous découvrons une vue d'ensemble de la ville. J'ai gardé le souvenir de ces églises aux toits couverts de tuiles vernissées ou de céramique. Et l'on se rend déjà compte que nous sommes dans une région aux reliefs bien marqués.

L'étape suivante sera pour les berges de la Loue, rivière très torrentueuse que l'on retrouvera souvent. C'est l'occasion de découvrir ou redécouvrir un oiseau tout à fait extraordinaire, le cincle plongeur. De l'aspect approximatif d'un merle au poitrail blanc, il fréquente les torrents de montagne, plonge sans hésiter dans les chutes d'eau, pour chercher sur le fond sa nourriture puis ressort comme un diable de sa boite pour se poser sur un rocher ou retourner à son nid.

Le pique-nique se fera dans une prairie en bordure de la rivière, en même temps nous découvrons nos premières fleurs, certaines semblables à celles de la région parisienne comme la véronique petit-chêne ou plus nouvelles comme l'anthyllide vulnéraire.L'après-midi sera occupée par la visite du musée Courbet, à Ornans, très intelligemment conçu au centre du bourg par l'aménagement d'anciennes maisons déjà existantes.

Comme dans toutes les expéditions de FEA, tout le monde est très intéressé par le gite qui nous accueille pour 3 nuits, à Métabief. J'ai personnellement été ravi de retrouver le lit à étage qui est de rigueur dans ce genre d'établissement et je garde un souvenir ému du Mont d'or fondue dans son emballage (recette appelée boîte chaude) , accompagnée de pommes de terre en robe des champs et de saucisse de Morteau!

Le lendemain, escalade du Mont d'or par les alpages, pas de problème, les calories superflues ont été brulées. L'hiver ici n'est pas encore oublié, il subsiste de belles plaques de neige sous le sommet. Nous pourrons pourtant admirer et photographier les magnifiques gentianes printanières et voir de loin dans un pierrier une belle troupe de chamois en train de brouter.

Au cours de la montée, beaucoup de fleurs sont déjà visibles, bien typiques de la montagne, comme les dentaires heptaphylles ou le pygamon à feuilles d'ancolie.

La soirée s'est terminée par une conférence sur le lynx, faite par le directeur de la maison de la réserve. C'est impressionnant de savoir que les 3 jours que nous passons ici se font sur le territoire de ce magnifique animal que nous avons pu voir en action en visionnant un film tourné dans les biotopes locaux et dont on imagine aisément l'énorme travail de présence sur le terrain qu'il a nécessité.

Samedi 19: départ pour la Chapelle des Bois, d'où commence la montée à pied en pente raide pour la forêt du Risoux, massif mythique d'épicéas et de sapins qui abrite la plus grande colonie de grands tétras du Jura. Très belle forêt humide où poussent de nombreuses fougères.

De là-haut, on a une superbe vue sur le lac des Mortes et sur la grande tourbière qui le borde: c'est là que nous irons l'après-midi, après nous être restaurés assis sur des grumes d'épicéas, témoins de l'exploitation forestière qui constitue l'une des plus importantes activités économiques de la région.

La rive du lac est occupée par des carex, essentiellement le carex nigra, elle se prolonge par une riche tourbière où l'on retrouve bien sûr les sphaignes, des joncs et des carex et les plus rares fleurs roses de l'andromède. La pâture qui prolonge la tourbière abrite des orchidées ainsi que des pédiculaires.

La matinée du dimanche sera consacrée à l'observation de plusieurs espèces d'oiseaux rares que nos ornithologues pourront cadrer dans leur lunette, comme l'aigle pomarin ou le magnifique milan royal. La journée se terminera par une rapide visite de la tourbière de Frasne, fréquentée par de nombreux visiteurs mais bien protégée par l'existence d'un caillebottis qui permet de faire un beau circuit sans écraser les fragiles végétaux comme les droséras.

Tout au long du séjour, nous avons pu aussi nous enrichir des opinions divergentes de nos deux guides en ce qui concerne la gestion des espaces naturels. Dans ce domaine, il n'existe pas de solutions simples, toute intervention humaine a des conséquences parfois dramatiques sur la biodiversité. On en sait de plus en plus, mais on est encore loin d'avoir tout compris!

Photos  Olivier et Véronique - Corinne et Philippe - Michel et Nicole