Suivi et sauvegarde

Visite d'un refuge LPO

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas fait faire le tour de notre terre familiale du Finistère, encore cultivée pour une bonne moitié mais enregistrée comme refuge LPO depuis plus de quinze ans.

Les quelques photos jointes vous permettront de mieux situer le décor.

 

 

 

 

 

 

 

Dans le principe, la gestion est prévue pour établir un dégradé de milieu, du  jardin au plus sauvage. En fait, le jardin lui-même est déjà assez peu policé et les milieux naturels ou créés de toutes pièces sont les plus diversifiés possibles. Il y a ainsi une mare bâchée car le sol de la partie la plus élevée en altitude est très perméable, il ne peut donc pas y avoir de mare naturelle: c'est un ancien champ cultivé dont la plus grande partie est occupée par un bois d'environ 7OOO m². La partie supérieure est occupée par un verger, essentiellement de pommiers, mais aussi avec quelques poiriers, pruniers, pêchers, noyers, cassissiers, groseillers.

 

 

 

Le bas du champ et le côté ouest sont bordés d'un talus qui accueille quelques vieux chênes et châtaigniers. J'y ai installé la luzule sylvatique, l'aspérule odorante, le lamier jaune qui s'y plaisent bien. Pour le moment, j'ai moins de succès avec la garance voyageuse qui abonde pourtant sur les sentiers côtiers, à quelques dizaines de km de là. La stellaire holostée et le géranium robert sont venues toutes seules et arrivent même à damer le pion à l'indésirable gratteron. La fougère aigle est quant à elle à sa place dans ce terrain acide ainsi que d'autres fougères, spontanées ou introduites: fougère femelle, fougère mâle, blechnum et doradille noire, scolopendre, plume d'autruche et même les polystics à soies et à aiguillons

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On trouve aussi des anémones sylvies, la jacinthe des bois, l'iris fétide, le perce-neige, la bétoine, le sceau de salomon , le muguet, la buglosse vivace,

 

le compagnon rouge et même l'orchis mâle.

Il y a une ouverture dans le talus (toulkar en breton) qui permet d'accéder à un ruisseau saisonnier dans sa partie amont, puis en principe permanent plus en aval (qu'en sera-t-il cette année avec la sécheresse qui s'annonce?). Ce ruisseau permet à diverses plantes de milieux humides de s'installer, notamment dans la partie marécageuse plus en aval.

 

 

Il nécessite un entretien manuel surtout en hiver, enlever les feuilles mortes et recreuser le lit qui a tendance à s'obstruer. Les années où il pleut beaucoup, le courant plus fort donne un sérieux coup de main!

Voici quelques-unes des plantes qui se sont installées là ou qui y ont été introduites par mes soins : massette, iris des marais, divers carex (des rives, paniculé, faux souchet ), le rorippe, et bien sûr des "roseaux", ici la baldingère, qui ont tendance à prendre la place des autres, par exemple l'ail des ours ou le lychnis fleur de coucou.

Les arbres présents sont le bouleau, le saule (saule roux omniprésent), pour diversifier j'ai donc introduit entre autres la viorne obier et l'aulne qui étaient régulièrement abimés par le chevreuil jusqu'à ce que j'apprenne qu'il suffisait de ne pas y toucher de manière à ne pas y laisser d'odeur humaine (il n'y a pas de problème si c'est une personne du sexe féminin qui fait le travail !).

En dehors du chevreuil, quelques autres animaux fréquentent épisodiquement la réserve: le renard bien sûr, repérable à ses crottes, parfois le blaireau, et rarement le sanglier. Une autre fois j'essaierai de faire la liste des oiseaux, nicheurs ou de passage.