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Une insolite visiteuse nocturne

Écrit par Bérénice Vendredi, 16 Septembre 2011 08:34

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Fin juin, au petit matin, ce que je prends initialement pour un gros papillon de nuit me passe sous le nez… C’est sa façon de battre des ailes qui attire mon attention et me fait rectifier mon identification première : une petite chauve-souris!                                                                           

 

 
 
J’ouvre portes et fenêtres pour lui permettre de s’évader, mais obstinément elle s’engouffre dans les pièces encore fermées ; je profite d’une de ses pauses sur une marche de l’escalier pour la prendre en photo :
 
 
S’étant réfugiée derrière une porte, je finis par la prendre dans les mains (munies de gants…) pour la relâcher par la fenêtre. Immédiatement deux plus grosses viennent à sa rencontre ; l’une s’éloigne rapidement, mais l’autre reste auprès d’elle, jusqu’au contact, museau à museau, en vol ; puis elles disparaitront à mon regard…

Il semblerait que les photos permettent d’identifier une Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus). L’identification des chauves-souris est un sport ardu ! En suivant les clefs données par un cahier d’identification, déterminer la famille est abordable (ici : le museau sans pli complexe, les oreilles qui dépassent de la fourrure du crâne…sont les caractéristiques de la famille des Vespertilionidés) ; La détermination de l’espèce repose sur l’observation fine de détails morphologiques, comme notamment au niveau des oreilles. Parfois ce seront les mensurations de certaines parties du corps ou l’observation de critères dentaires qui permettront d’apprécier l’espèce d’un animal tenu en main. Ici, l’œil expert de Laurent Arthur, du museum de Bourges,  a identifié « une Pipistrelle, sans doute une Pipistrelle commune (il y a 3 espèces de pipistrelles mais elles sont impossibles à séparer en photos) ; il s’agit très probablement d’un juvénile de l’année, compte-tenu de la couleur ». C’est une espèce très commune, voire abondante. Cette chauve-souris est une hôte régulière des habitations qu’elles soient modernes ou anciennes. On la trouve dans les combles chauds ou derrière des parois de placoplâtre.

Le cycle vital :
Les naissances ont lieu en juin. C’est durant cette période que se posent les problèmes de cohabitation entre humains et chauves-souris. Si la colonie a eu l’idée d’élire domicile derrière la fine paroi en placoplâtre d’une chambre à coucher, l’occupant des lieux devra, pour peu qu’il soit insomniaque, s’armer de patience ! Durant toute la période d’élevage des jeunes, des petits cris et des grattements se feront entendre… notamment à chaque départ et retour des adultes (habituellement en trois vagues : au crépuscule, deux heures après le coucher du soleil, puis avant le lever du jour).
A la fin de cette saison, les petits seront tous autonomes et indépendants. Dès l’automne, elles vont constituer des réserves de graisse tout en se consacrant aux accouplements, le rut va perdurer toute cette saison pour décliner avec l’arrivée de l’hiver. Les femelles porteuses d’une vie future comme les mâles vont s’endormir pour de longs mois. Cette période va les amener, amaigris, au début du printemps. A leur réveil elles vont reconstituer leurs réserves et les femelles relanceront le développement rapide de leur embryon : les petits de la nouvelle génération naîtront au printemps…

Sources : Les ouvrages de Laurent ARTHUR et Michèle LEMAIRE : « Les chauves-souris, maîtresses de la nuit » (2005) et « Les chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse »(2009).