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MYXOMYCÈTES : ces champignons qui marchent !...

Écrit par Bérénice Mardi, 08 Novembre 2011 09:45

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C'est en forêt de Compiègne, l’œil en recherche de champignons, que je fus attirée par la couleur vive et esthétique de cet organisme.  

                                                                                             

 

 

Ce n'est qu'au retour de la balade, que le botaniste qui nous emmenait , a retrouvé le nom de la "chose" : "Myxomycète ; il semblerait qu'ils aient la capacité de se déplacer..." nous dit-il.

 

 

Cette révélation, tout en me surprenant, éveilla l'écho d'une lecture lointaine. De retour à la maison, j'ai pu retrouver dans le livre  Éloge de la Plante de Francis Hallé, la page parlant d'un organisme qui change de forme, brouillant allègrement les frontières de nos esprits rigoureux qui classent d'un côté les plantes et de l'autre les animaux : le myxomycète - et plus précisément dans le livre : le Dictyostelium discoïdeum.

En effet, les myxomycètes, pas vraiment des champignons (contrairement au raccourci -un peu racoleur- de l'intitulé de cet article) , mènent carrément une double vie : tantôt comme un champignon : ils sont issus d'une spore qui germe comme celle d'un champignon ; tantôt comme un animal car dans un premier temps, ses cellules dissociées, amibes aux moeurs alimentaires animales, se nourrissent de bactéries : Puis, si la nourriture vient à manquer, les amibes convergent en un organisme pluricellulaire, le plasmode, qui devient un seul individu (dans le cas du Dictyostelium discoïdeum, il a la forme d'une limace d'environ 3 ou 4 mm), capable de se déplacer (quelques cm par heure) ; puis cet organisme va se fixer, s'en élèveront des conteneurs remplis de spores, qui seront emportées par la pluie ou le vent, qui germeront ... comme des champignons ! Puis le cycle recommencera...  

                                                                                                

De telles capacités ont bien évidemment interpellé l'esprit de recherche de nombreux scientifiques. Pour ne citer qu'un exemple, à l'Université d'Hokkaido, des expériences ont été réalisées avec des myxomycètes, qui placés dans de tout petits labyrinthes, se sont avérés capables de résoudre le problème complexe de trouver le chemin le plus court pour accéder à la nourriture ! Ce type d'expériences ouvre de nombreuses portes de recherche, tant dans les domaines technologiques : par ex. l'étude du développement des réseaux pour les communications et les transports, que sur des domaines aussi différents que les méthodes d'investigation sur le fonctionnement de la pensée...

Nous voilà partis bien loin des sous-bois, et de la petite rencontre colorée au pied d'un arbre !...

Recherche faite, il s'agit d'une Fleur de tan (Fuligo septica) , qui vit en général sur le bois mort humide, ou sur un tapis de feuilles mortes. J'en avais d'ailleurs déjà rencontré un exemplaire, dont j'avais figé le périple, ignorant sa nature vagabonde... Je vous en livre la photo, prise elle aussi en forêt de Compiègne, sur une grume toute moussue...