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Sauvages de ma rue (variante)

Écrit par Henri Vendredi, 09 Septembre 2011 17:43

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Vous avez certainement entendu parler des actions menées par l'ODBU (Office Départemental de la Biodiversité Urbaine ) pour la connaissance et la préservation de la nature en Seine-Saint-Denis.

"Sauvages de ma rue" est l'une de ces campagnes, visant à éveiller l'intérêt des citadins pour les plantes banales qui se contentent d'un coin de trottoir ou de l'interstice entre deux pavés pour germer, pousser et fleurir.

C'est un exemple de cet ordre qui vous est proposé ci-dessous, à savoir le stade où j'essaie deux fois par semaine de garder un semblant de condition physique.

La piste d'athlétisme est une bande de "tartan" bordée à l'extérieur d'une lice en ciment qui la sépare du bitume. C'est là, dans l'étroite fente entre le tartan et la lice que des graines arrivent à germer puis à pousser. Pour certaines d'entre elles, c'est un lieu presqu'habituel:  ainsi la renouée des oiseaux (Polygonum aviculare )prend racine dans cet espace minuscule, y trouve de quoi se nourrir puis s'étale sur le ciment comme elle le fait sur n'importe quel chemin de terre. De même, le Paturin annuel (Poa annua), minuscule graminée qui fleurit à peu près toute l'année y trouve sa place: c'est peut-être la plante la plus répandue à la surface de la terre.

Quelques autres plantes qui se contentent de ce biotope ultra réduit: des graminées comme Cynodon dactylon, bien reconnaissable à son inflorescence à trois doigts,

 

 

l'Orge des souris (Hordeum murinum), et une autre indéterminée, peut-être une fétuque. Il y a aussi des membres du groupe des pissenlits (Taraxacum sp), le Séneçon commun (Senecio vulgare ) et la surprise du chef,

un petit platane de 15 cm,avec deux feuilles bien reconnaissables! Comment la graine est-elle arrivée là? Il y a bien un grand platane à l'autre bout du stade, à 120 m de là, je ne vois pas d'autre origine possible!

 

 

 

 

 

 

 

Le long du grillage, la présence d'espaces herbeux pas trop drastiquement tondus permet à d'autres plantes de se développer, comme en ce moment les Torilis (Torilis japonica), la Laitue scariole (Lactuca serriola), la Carotte sauvage (Daucus carota). La pelouse centrale est suffisamment intéressante pour attirer régulièrement la corneille noire, la pie bavarde ou les pigeons ramier ou domestique. Je me souviens y avoir vu des grives litornes y chercher à manger lors d'un hiver neigeux.

Même le renard est parfois de passage dans cet espace complètement entouré par la ville, ses crottes sont là pour en témoigner. Voilà ma petite contribution à la recherche de la nature en ville, à vous de jouer maintenant.