Observations

L'orvet

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Partis botaniser en forêt de Compiègne à la recherche des rares sphaignes, nous avons eu la surprise au détour d’un chemin de croiser le passage d’un hôte répandu mais très discret des  paysages forestiers : un orvet ! 



Son corps d’aspect métallique et ondulant  réveille chez beaucoup de personnes, l’inquiétude presqu’atavique que suscite la vue d’un «serpent». Ne serait-il point dangereux ?



Eh bien : non ! L’orvet n’est pas dangereux, il est même tout-à-fait inoffensif ! Et il faut savoir que malgré son aspect serpentiforme, c’est en réalité  un lézard apode (sans pattes)…

Description
L’orvet (Anguis fragilis) est un reptile d’une longueur maxi de 52 cm, avec une moyenne de 35 cm, dont la moitié est constituée par la queue.  Il possède comme tous les lézards le pouvoir d’autotomie, qui lui permet de se défaire de sa queue pour leurrer un éventuel prédateur (occupé par le bout de queue qui bouge encore, pendant que le lézard s’enfuit). C’est de là que lui vient son nom latin « fragilis ». Il a des écailles très lisses et brillantes.



A noter : une remarquable longévité : plus de 30 ans est tout-à-fait possible avec un record en captivité, au museum de Copenhague où un specimen a vécu 54 ans (de 1892 à1946) !
Mœurs
L’orvet affectionne les endroits ensoleillés humides, forêts, bords de fossés… Il se cache volontiers dans les tas de bois, les souches pourries, sous les feuilles mortes, les pierres plates, les tôles… Il passe l’hiver au ralenti dans le sol. Étant carnivore, son régime alimentaire comporte des vers de terre, des limaces, insectes…
Pourquoi lézard et non serpent ?
Voyons un peu les différences morphologiques qui séparent les deux espèces.
-    Vu du dessus, chez l’orvet, on notera l’absence de cou et le corps parfaitement cylindrique recouvert globalement des mêmes écailles.  Le serpent lui, présente des types d’écailles bien différentes selon qu’elles sont sur la tête, le ventre, le dos ou sous la queue.



-    L’orvet comme les autres lézards possède un petit œil avec une paupière mobile, alors que le serpent a un grand œil, recouvert d’une écaille transparente : la lunette (eh oui, même si ce n’est pas un Serpent à lunettes…)
-    L’orvet fait preuve d’une relative «rigidité», visible lorsqu’il se déplace et nettement perceptible lorsque l’on tient l’animal en main ! rigidité due à une sorte de carapace de minuscules plaques osseuses qui ne leur permettent pas des mouvements aussi souples et agiles que les serpents.
-    Plus subtil à observer : les lézards ont deux oreilles externes, qui peuvent se deviner à l’arrière de l’œil, cachées sous des écailles. Les serpents en sont dépourvus ; eux détectent les sons par la mâchoire inférieure qui doit être en contact avec le sol ; les vibrations seront transmises à l’oreille interne par le biais d’une chaine d’os…
Et pour finir,  rappelons qu’en France,  les orvets  figurent dans l’article 3 de l’arrêté du 19/11/2007 fixant  la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et de fait,  leur destruction est interdite.

Sources : « les lézards de France » par G. Naulleau ; « les amphibiens et les reptiles dans leur milieu » de B. Le Garff ; « Le guide herpéto » ; et les indications de M. T’Flachebba, herpétologue.